Interview Directeur Général Ecoact

Publié le par Elodie Robin

Monsieur Maradan est le Directeur Général de la société EcoAct qui propose des projets environnementaux et sociaux. Il s’agit en effet de réaliser un projet concret de préservation de l’environnement tout en impliquant des personnes en réinsertion.

Les programmes proposés peuvent être destinés au territoire français, mais également à l’international. A l’international, il s’agit principalement de reforestation en Amérique Centrale, Amérique du Sud et Afrique.

EcoAct fait preuve de savoir-faire dans la mise en œuvre des programmes. Ces derniers sont engagés en concertation avec toutes les parties prenantes locales : ils sont développés en collaboration avec les collectivités, le tissu associatif et l’entreprise partenaire.

L’objectif d’EcoAct est de permettre au entreprises partenaires de valoriser leur engagement vis-à-vis des enjeux environnementaux, et également de véhiculer une image favorable pour l’entreprise partenaire.

Question I. Quelle a été votre formation initiale ?

Mr Maradan : « J’ai suivi une formation d’ingénieur à l’Institut Polytechnique de Grenoble, avec une spécialisation dans les télécommunications.
J’ai travaillé 6 ans pour le groupe SGS, dans la conception d’une puce électronique. Puis j’ai travaillé en poste de Marketing / Vente, qui fut le dernier avant de fonder EcoAct.
Ainsi pour la création d’entreprise, j’ai suivi un MBA HEC généraliste, cursus lors duquel j’ai mis en place le Business plan d’EcoAct. Il y a onc eu à cette période la rencontre avec ses associés. En 2005, création d’une association pour le statut juridique d’EcoAct. Depuis Juillet 2006, statut juridique de société obtenu. »

Question II. En quoi consiste votre métier ?

Mr Maradan : « Je suis Directeur Général d’EcoAct. Nous mettons en place des programmes environnementaux pour les entreprises. Ces entreprises soutiennent des associations qui cherchent à avoir des sponsors. EcoAct monte le projet, bâtit des partenariat avec les collectivités. Ensuite nous travaillons avec des associations de réinsertion, et également des sociétés d’investissement.

Les projets France sont vendus aux entreprises ; cela concerne essentiellement le nettoyage des bords de Seine, bords de route, parcs.

Les projets internationaux s’articulent autour de deux axes :

-          la compensation d’émission de CO2

-          la biodiversité, comme la reforestation des berges au Brésil ou en Argentine.

 Le programme au Burkina Faso repose sur l’ « énergie propre ». En effet, des chambre froides sont installées localement afin de permettre aux agriculteurs et producteurs de conserver leur marchandise. En effet, cette invention technologique est construite en matériaux naturels, et cela permet de capter le froid dans la nuit pour la journée, afin d’avoir une température basse toute la journée, grâce à des capteurs radiatifs. EcoAct travaille sur ce projet avec l’ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel) qui permet d’obtenir les contacts locaux, l’aide sur le terrain. Et également avec la Banque Mondiale. EcoAct se charge de trouver les clients. »

Question III. Quelles connaissances techniques et spécifiques faut-il pour exercer votre métier ?

Mr Maradan : « Il n’y a pas besoin de connaissances techniques.
Il est par compte indispensable de posséder des connaissances commerciales pour la vente des projets.
De plus, le marketing est aussi très important. Il faut savoir se positionner par rapport à la concurrence, savoir choisir la cible du projet, le produit.
EcoAct passe par des agences de communication qui connaissent les besoins de leurs clients, et les mettent donc en relation directement avec EcoAct sur le projet adapté à leur demande. Il est également intéressant de passer par un prescripteur, ou bien des sociétés d’externalisation de ventes qui sont spécialisées dans la vente de projets car elles possèdent les contacts dans les grands groupes. Il est également plus facile de développer un projet lorsque l’on a un courrier de député.
L’expertise technique est faite par les associations terrains.
Des connaissances en finance et comptabilité sont aussi indispensables. »

Question IV. Comment est organisé un projet à dimension internationale ?

Mr Maradan : « EcoAct possède une implantation au Brésil. Sept personnes travaillent en France, trois au Brésil. Le programme le plus important de reforestation comptait 2 millions d’arbres. Une personne est au Salvador, mais il n’y a pas de possibilité de développement de projet du fait du manque d’implication du correspondant sur cette zone. Une implantation est aussi présente au Rwanda. Toutes ces implantations ont été créées par des opportunités de personnes présentes au MBA.
Une personne est sur le terrain pour entrer en contact avec les Etats, les associations locales. Cette présence est nécessaire au développement d’un projet car il faut connaître la réglementation, la langue, la culture, les contacts.
Au Burkina Faso, il y a un accord avec l’organisation locale de regroupement des paysans. Il y a création de partenariats dans les différents pays.
Il est indispensable de connaître la culture du pays afin de faciliter l’adaptation du projet. En effet, la communication est souvent difficile.
EcoAct fait le lien entre l’entreprise partenaire et l’association locale, ainsi il y a respect total de la volonté de l’association locale. »

Question V. Aujourd’hui, alors que nous évoluons dans une société toujours plus individualiste et avide de consommation, y a-t-il une véritable prise de conscience de la nécessité de solidarité et du respect de l’environnement ? Comment se traduit-elle ?

Mr Maradan : « Cette prise de conscience est de plus en plus importante, en particulier depuis 2 ans. Avant, la vision du développement durable était synonyme de coût, ce n’était pas vu comme un projet qui pouvait être rentable. Il y a une prise de conscience généralisée. Mais l’investissement reste encore marginal et il est difficile de convaincre. Les entreprises ont encore peu de connaissance concernant le développement durable. Le ratio pollution/action sur l’environnement est extrêmement faible, il s’agit encore d’actions symboliques, montrer que l’on fait un geste pour l’environnement. »

Question VI. Etes-vous témoin d’une mobilisation grandissante concernant les questions sociales et environnementales ? Au niveau individuel ?

Mr Maradan : « Les femmes y sont plus favorables, mais ce n’est que le début de la mobilisation. »

Question VII. Pour les projets sur des zones autres que la France, de quelle nature sont les difficultés que vous pouvez rencontrer ?

Mr Maradan : « Au Rwanda, on rencontre de la résistance politique, une corruption importante. La situation est instable, il n’y a pas de structure. De plus, la personne sur place n’est pas en contact avec les personnes clés.
Au Salvador, il y a des risques d’origine politique, il s’agit d’un pays avec une forte violence. Il faut savoir approcher les associations, ainsi que l’Etat, et donc connaître le contexte politique, religieux, culturel.
Le Brésil est le pays le plus stable. Pour les clients, les projets sur le Brésil sont attractifs. Il s’agit principalement de projets de reforestation.
Les difficultés rencontrées sont donc inhérentes à la situation du pays, mais également aux barrières culturelles qui ne facilitent pas la communication. »

Question VIII. Quels sont les pays les plus avancés en terme d’actions sociales et environnementales ? Comment expliquer ces différentes évolutions (aspect culturel, situation économique du pays…) ?

Mr Maradan : « Les pays nordiques sont les pays les plus avancés. Par contre, je n’ai pas d’explication précise sur cette évolution. »

Question IX. Votre société propose-t-elle des projets concernant l’économie d’énergie ?

Mr Maradan : « EcoAct ne propose pas de programme pour des économies d’énergie, mais pour de la compensation d’émission de CO2.
La société mais en place des évaluations d’émission des entreprises partenaires, elle établit ainsi un bilan qui permet de proposer un programme de compensation le plus adapté.
Il n’y a pas d’expertise pour inciter les entreprises à diminuer leur consommation d’énergie. »

Question X. Comment vous positionnez vous par rapport au problème de ressources énergétiques et de pollution ?

Mr Maradan : « EcoAct, à son échelle, a un impact direct sur ce problème de ressources énergétiques et de pollution, par des solutions de compensation. Les programmes luttent contre la pollution, comme ceux concernant le nettoyages des bords de Seine, des routes ou des parcs. »

Question XI. Selon vous, comment est-il possible d’inciter les populations à agir et changer leur comportement vis-à-vis de la solidarité et de l’environnement ? Que faudrait-il faire pour que l’implication soit au quotidien ?

Mr Maradan : « Aujourd’hui, il faut prouver que le projet est rentable. L’esprit de reporting est développé. Il y a 200 indicateurs par projet (environnementaux, marketing…) qui peuvent être exploités dans le rapport de développement durable. Il faut mettre en avant le calcul du bénéfice social. En terme de communication, on peut calculer la valeur des retombées du projet pour l’entreprise partenaire dans la presse. Par exemple, l’agence de notation Covalence en Suisse établit la réputation des entreprises par rapport aux publications sur la société. Une courbe peut être établie dans le temps.

Il est important de savoir que dans les rapports de développement durable des sociétés, 40% des informations sont fausses. EcoAct assure les résultats avec des audits, ce qui permet de posséder un maximum d’informations disponibles. »

Question XII. Pourquoi avoir choisi le domaine de l’environnement ?

Mr Maradan : « J’avais la volonté de créer une entreprise, et de faire quelque chose qui a du sens. Il est important pour moi d’apporter aux autres, et particulièrement à l’environnement. Il s’agit d’un secteur pour lequel je suis concerné, et je peux y trouver mon épanouissement professionnel et personnel. »


Ainsi, par cette interview d'un professionnel du domaine environnemental, que nous remercions, nous pouvons constater que les efforts réalisés par les entreprises sont en progrès mais encore bien insuffisants par rapport aux conséquences que l'on devra subir, dûes à la pollution et notre surconsommation d'énergie.
On voit également que la réflexion pour adopter un projet environnemental et social passe par la vision de rentabilité, ce qui ne devrait absolument pas être un critère pour agir bénéfiquement auprès de la nature. Le problème de l'économie d'énergie dépasse lagement les questions de rentabilité, ce que les personnes s'entêtent à ignorer. Tant que nous ne dépassons pas cette réflexion de rentabilité, la situation ne sera pas prête de s'améliorer, et les seules victimes seront nous-mêmes. A croire que la rentabilité à tout prix est plus importante que nos propres vies.
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